Bienvenue sur le site du Réseau Prévention Harcèlement à l'école

 

Depuis plusieurs années, des professionnels de différents horizons se réunissent sur base volontaire pour partager informations, pratiques et réflexions autour des problèmes de harcèlement à l’école. De ces contacts est né le "Réseau Prévention Harcèlement", qui vise à favoriser les échanges entre intervenants de différents secteurs (enseignement, jeunesse, égalité des chances, promotion de la santé, aide à la jeunesse, …). Ses membres fondateurs sont issus de différentes organisations en Fédération Wallonie-Bruxelles (Délégué Général aux Droits de l’Enfant, Direction de l'Egalité des Chances, Equipes Mobiles, Services de Médiation Scolaire, Université de Paix, Service Droit des Jeunes, Centre Local de Promotion de la Santé du Brabant Wallon, Conseil Supérieur des Centres PMS, Centre interfédéral pour l'égalité des Chances). De nombreux autres acteurs participent activement à ce réseau (Comité des Elèves Francophones, Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel, Union Francophone des Associations de parents de l’Enseignement Catholique, Coordination des ONG pour les Droits de l’Enfant, UCL, Média-animation, …).

Témoignage d’une jeune fille harcelée

Tout a basculé en quelques mois dès mon arrivée dans une école secondaire où je ne connaissais personne.  J'étais arrivée dans cette nouvelle école avec un parapluie. Je m'attendais à ce qu'il fasse beau ou à ce qu'il y ait une légère pluie. J'ai dû faire face à de gros morceaux de glace, lourds et aiguisés, qui transperçaient mon parapluie et qui me blessaient. Tous mes rêves se sont effondrés. Je ne savais plus qui j'étais, à quoi je servais. 

 

"Tu sers à rien ! T'es moche ! Va te faire refaire la face ! T'as pas d'amis !" A force d'être critiquée sans cesse, j'ai fini par croire que je n'étais pas comme eux, que je n'étais "pas normale". On me l'a souvent dit. J'étais la seule dans la classe à être traitée ainsi. J'essayais de décoder le message que l'on m'envoyait. J'ai fini par trouver une réponse à mon équation : rejet + regards méchants + moqueries = objet répugnant. Mes camarades de classe m'ont fait comprendre que je ne faisais pas partie des leurs, que je ne méritais même pas d'être vue. J'ai fini par croire que je n'étais pas un être humain. Je me sentais sale, rejetée, laide, puante, chiante. Quand je regardais mon reflet dans le miroir, j'avais l'impression qu'il mentait : l'image qu'il renvoyait de moi était trop belle pour être vraie. 

 

Avant de s'attaquer à moi, les prédateurs ont bien analysé leur proie. On lance des piques pour voir comment la personne réagit : une petite moquerie par-ci, une petite critique par là. Comme je ne réagissais pas, ils ne se sont pas gênés de me dévorer. J'avais l'impression de vivre dans une forêt où seule compte la loi du plus fort. Aucune autre règle n'existait. Il n'y avait pas de justice. Les animaux déchiraient ma chair sans pitié et y prenaient du plaisir. Le professeur parlait et j'étais dans un autre monde. Je criais à l'aide mais il ne m'entendait pas. Je ne suivais pas son cours tellement j'étais en détresse.

 

Je suis un punching-ball. Leurs moqueries, leurs conneries me font mal. J'en prends plein la gueule. Alors je veux me fondre dans le décor, faire comme les autres, ne pas être vue. Je ne dois rien dire et faire comme si de rien n'était. Pour ne pas prendre le risque d'être encore plus rejeté et plus blessé, on parle de moins en moins, on se surprotège, on évite, on est prêt à tout faire, à mettre sa vie en danger pour ne plus vivre cela. Au plus on veut éviter, au plus on s'écrase, au plus on est agressé. C'est un cercle vicieux. J'étais toute seule car la menace était forte pour tout le monde : "soit tu tapes dans le sac, soit tu es ce sac !". La seule personne qui pouvait m'accepter, c'était ma chambre. Je me réfugiais chez elle lorsque je rentrais de l'école, ou devrais-je dire du camp de concentration. Les victimes de la seconde guerre mondiale étaient à plusieurs dans la même souffrance. En classe, j'étais seule.

 

La phrase "tu n'es pas normale" résonne toujours dans ma tête. J'étais comme morte. Le monde vivait. Les autres personnes poursuivaient leur vie quotidienne. Sous le choc, je ne bougeais plus, comme un poisson mort dans l'océan, les yeux ouverts, tétanisée. 

 

Les parents ont des problèmes d'adultes et considèrent que les adolescents n'ont pas de problèmes sérieux. Pour eux ce sont des gamineries. Coincés dans leurs  problèmes "sérieux", mes parents m'avaient oubliée. Seule, je subissais cette situation. 

 

J'avais toujours extrêmement peur que les choses n'empirent encore. Je ressentais ma poitrine reculer en arrière, comme si elle voulait que je m'efface de ce monde, comme si mon corps ressentait cette exclusion de la société. La souffrance augmente le désespoir. Au plus tu es désespéré, au plus la mort devient belle. Elle se présente comme une issue. Ma vie était sombre comme le liquide noir dans lequel je me noyais. Tandis que ce liquide s'assombrissait, la mort, elle, s'embellissait. Elle me tendait la main. Je priais Dieu pour ne pas être séduite. Vivre ou mourir ? Seule dans ma chambre, j’étais en guerre contre moi-même. 


Un jour, j'ai été chez le médecin pour effectuer une prise de sang. J'ai remarqué que mon sang était rouge. Il coule dans mes veines, comme tout le monde. Mais alors pourquoi me traiter de "différente" ?  Moi aussi j'ai une tête, deux pieds, deux jambes, deux bras, deux yeux, deux oreilles. J'ai eu un sentiment de réconfort. Pour la première fois, je me suis sentie en colère contre mes agresseurs.

 

Pendant trois ans cela ne s'est jamais arrêté, même quand on dort, même quand on marche dans la rue. Trois années de silence et de solitude. Pendant ces années horribles, je ne voyais pas le bout du tunnel mais j'ai toujours protégé une petite flamme : l'espoir que cela pouvait changer. 

 

Deux années plus tard, je suis vivante, plus que jamais.

 

Une jeune fille comme les autres

 

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